dimanche 28 juin 2015

Un samedi à Métaluna



Métaluna. Le mot magique pour tout amateur de cinéma de genre et/ou d’exploitation. Métaluna, c’est un magasin. Mais pas n’importe quel magasin. Quel que soit l’état de tes finances, la visite d’un tel lieu est problématique. Si tu n’as pas de sous, tu rentres, et un coup d’œil circulaire te donne envie de pleurer de frustration. Si tu as un peu de sous, tu pleures quand même, parce que faire des choix dans un tel contexte a quelque chose de déchirant. Et si tu as plein de sous, là c’est ton banquier qui va pleurer.
En fait, Métaluna, ce n’est pas un magasin. C’est un danger. Sachant qu’en plus le grand prêtre qui officie dans ce temple du bis s’appelle Bruno Terrier, il convient d’être doublement prudent. C’est bien simple, en matière de cinéma, cet homme connaît à peu près tout sur tout. Pire encore, il a l’art et la manière de partager. Oui, partager. Bruno, c’est pas la force de vente « ignarrogante » à l’œuvre dans les supermarchés de la « culture ». Non, Bruno, c’est du conseil, de l’écoute, du dialogue et de la suggestion. Oui, je sais, ça fait beaucoup. Et c’est devenu si rare que quand on est confronté à de telles attitudes, ça surprend. Mais ça fait du bien, aussi. Surtout que ce qui est rare est précieux, n’est-ce pas ?


Bref, Métaluna, c’est le bien. La preuve, Métaluna aime TRASH. Les plus parisiens de nos lecteurs savent d’ailleurs que l’intégralité de notre catalogue est disponible à la boutique en permanence, et y est défendu avec la même ferveur qu’à Hors-Circuits, autre lieu alternatif incontournable (en même temps, avec une figure de proue comme Patrice Lamare, auteur du Gore La galerie des horreurs, comment pourrait-il en être autrement ?). Mais revenons-en à Métaluna, qui nous avait déjà accueillis au début de l’été dernier pour une mémorable séance de dédicaces. Nous avions eu à l’époque le plaisir de partager l’affiche avec notre ami David Didelot, qui venait présenter son indispensable Gore : Dissection d’une collection.
Et tels des assassins revenant sur les lieux de leur crime, nous avons récidivé hier. Voici pour rappel le beau flyer que nous avait conçu pour l’occasion notre sémillant illustrateur-auteur Willy « Brain.Salad » Favre :



Étaient donc présents en chair, en os et en tripes : le pestilentiel Deguëllus et son faux jumeau bisseux Julian C. Hellbroke (soit la preuve vivante que la schizophrénie n’est en rien handicapante quand il s’agit de produire de la littérature populaire de qualité), la fort joliment tatouée Nelly Chadour (encore un petit effort, et tu pourras bientôt incarner Tatoo dans l’adaptation ciné de Sous la peau par Rob Zombie, numéro huit), le redoutable Kriss Vilà (read MurderProd or die. Et si ça ne suffit pas, finissez-vous avec Sang futur, du même auteur), le sympathique Gilbert Gallerne (excellent auteur de romans noirs s’il en est, qui venait célébrer la résurrection de son avatar gore Gilles Bergal) et le bestial Schweinhund (toujours pas remis, à l’heure où il écrit ces lignes, de la somptueuse chronique reçue par Bloodfist dans le très classe numéro deux du (pro ?)zine Zone 52).
Soit six auteurs TRASH (dont Christian et Gilbert, qui, de par leur statut d’anciens Goreux, ne sont pas loin de compter double). Plus Nécrorian. Pour un total de 16 romans à faire dédicacer. Sans compter les trois Nécrorian/Jean Mazarin sortis chez Rivière Blanche, que nous avions fait venir spécialement pour l’occasion. C’était en effet la première fois que l’auteur avait la possibilité de présenter Poupées (amalgame de deux romans parus jadis dans la collection « Anticipation ») et le formidable La mort en partage (constitué de Djinns, un vrai Gore inédit, et de L’hiver en juillet, très beau roman fantastique épuisé depuis longtemps). Présentation officielle qui fut donc effectuée dans les règles de l’art. La preuve en images :




Du haut de ses 81 ans, et deux ans après notre première rencontre, Jean Mazarin/Nécrorian, accompagné de madame son épouse, a donc bravé fièrement une chaleur caniculaire pour venir passer deux heures avec une partie de l’équipe TRASH. Bonus non négligeable, l’auteur s’était même muni d’une dizaine d’exemplaires de son roman Gore Impacts, qu’il a généreusement laissés à notre disposition ! Ce fut donc un très bel après-midi, au cours duquel nous eûmes le plaisir de retrouver certains amis très chers (dont Romuald et Patrice, d’Uncut Movies : les gars, un an sans se voir, c’est vraiment beaucoup trop long), de mettre des visages sur les pseudonymes portés sur le Net par certains de nos fidèles soutiens (David, Fred et Christophe, ce fut un vrai plaisir), de resserrer encore davantage les liens qui nous unissent à la Rivière Blanche et de passer un peu de temps avec les plus parisiens de nos auteurs (you know who you are).



Cerise sur le gâteau, le défilé de la Gay Pride est passé juste au bout de la rue. Ce qui, pour un ramassis de friendly invétérés comme nous, était un symbole parfait. Un grand merci à tous ceux qui sont venus, auteurs comme lecteurs, et merci beaucoup à Bruno Terrier, sans qui cette journée n’aurait pas eu lieu. Je vous l’ai dit, Métaluna aime TRASH. Mais nous on n’est pas des chiens (enfin, pas tous), et ce genre de trucs, on préfère quand c’est réciproque. Alors quitte à me répéter, j’insiste : Métaluna, c’est bon, mangez-en.