jeudi 12 juin 2014

TRASH mais pas que

Le Gore vous fait peur ? Vous dégoûte ? Vous avez raison, il est fait pour ça. Mais vous savez, un « auteur Gore », ça n’existe pas. Car presque tous ceux qui se sont adonnés à ce « mauvais genre » sont en fait des écrivains multicartes au service de la littérature populaire.

Prenez Robert Darvel, par exemple. Fondateur et homme-orchestre des fameuses éditions du Carnoplaste, ces merveilleux fascicules à l’ancienne, il est le parfait exemple du touche-à-tout virtuose. Continuateur de Harry Dickson au sein du Carnoplaste, auteur de nouvelles chez Rivière Blanche, Malpertuis et ImaJn’ère, et d’un certain nombre de récits sous d’autres pseudonymes où il ne s’est jamais imposé d’autres limites que celles sans cesse repoussées par son imaginaire foisonnant, il n’a pas attendu de signer le magistral Necroporno pour être reconnu comme l’une des plumes les plus brillantes de la SFFF française actuelle.

Brice Tarvel est de la même trempe. Lui aussi continuateur de Harry Dickson, chez Malpertuis, édité au Carnoplaste (la série Nuz Sombrelieu), chez Rivière Blanche (Destination cauchemar, La chair sous les ongles), Lokomodo (Dépression, Le bal des iguanes) et TRASH Éditions (Silence rouge) après avoir connu les grandes années du Fleuve Noir (Anticipation, Aventures et Mystères, Gore, Angoisses), l’ex-François Sarkel dispose d’un pedigree vertigineux. Et comme si ces états de service remarquables ne suffisaient pas, il vient de signer son premier Bob Morane ! Oui, LE Bob Morane. Vertigineux, je vous disais…

Christian Vilà (ou Kriss Vilà, pour les plus téméraires) n’est pas mal non plus, dans le genre « je transforme tout ce que je touche en or ». Connu pour avoir écrit l’incroyable Sang futur en 1977 (ça ne s’invente pas), il a tout récemment réutilisé le pseudonyme de Kriss Vilà pour faire cadeau aux éditions TRASH du terrifiant et inédit MurderProd. Et comme Brice Tarvel, Christian est aussi passé par le Fleuve Noir et les collections Gore (trois romans) et Aventures et Mystères (deux romans). Auteur d’un essai sur William S. Burroughs (Le génie empoisonné), il se murmure qu’il n’en aurait pas fini avec l’ange noir de la Beat Generation…

Quant à Julien Heylbroeck, c’est bien simple, on dirait que l’adage selon lequel « la valeur n’attend pas le nombre des années » a été inventé pour lui. Auteur de quinze nouvelles à ce jour (Rivière Blanche, Malpertuis, ImaJnère, Les Artistes Fous Associés), il a également signé sous trois pseudonymes différents cinq longs récits pour Le Carnoplaste et TRASH Éditions, structure dont il est par ailleurs co-fondateur. Et comme si ça ne suffisait pas, il a écrit en parallèle trois romans, dont le premier, Stoner Road, vient de paraître aux éditions Actusf. Dépêchez-vous d’en profiter, car le loustic écrit aussi vite (et bien) que vous ne lisez…

Auteur de quatre illustrations de couverture sur les neuf romans parus jusqu’ici chez TRASH Éditions, le sémillant Willy Favre est un des piliers de cette association de malfaiteurs. D’autant plus qu’il a donné une autre preuve de ses multiples talents en signant aussi, sous le pseudonyme de Brain.Salad, le très Barkerien EmoRagie, cinquième roman de la collection !

Et force est de constater que Nelly Chadour n’est pas en reste, pour ce qui est du brio et de la polyvalence. En l’espace d’un an, elle aura quand même réussi à finaliser le premier volume des Aventures de Diane d’Aventin au Carnoplaste, le roman Sous la peau chez TRASH Éditions, et le recueil de novellas Sibilla, attendu chez Rivière Blanche cet automne !

Une telle collection de CV prouve bien que le Gore n’est en rien un genre exclusif (à part pour Schweinhund, qui devrait rester, espérons-le, une créature réservée à TRASH Éditions), et qu’en matière de littérature populaire, quantité peut très bien rimer avec qualité. Dont acte.

vendredi 6 juin 2014

Le Bloody Week-end, le retour

Comme vous avez déjà pu le constater grâce à certain réseau social bien connu, TRASH a tenu la semaine dernière, tout comme en 2013, un stand au Bloody Week-end, la désormais fameuse convention organisée par Loïc Bugnon et son équipe. Et tout comme en 2013, notre petite équipe (constituée pour l’occasion de Robert Darvel, Deguëllus, Schweinhund, Nelly Chadour et Julian C. Hellbroke) est revenue d’Audincourt à la fois émerveillée et rincée.

Car le Bloody, c'est avant tout une ambiance chaleureuse et on ne peut plus conviviale. Avec des invités prestigieux tous accessibles, qui se promènent sereinement dans une très belle et grande salle blindée de stands chargés jusqu'à la gueule de tout ce qui a un rapport plus ou moins direct avec l'Horreur et le Fantastique (DVD, bouquins, affiches, photos, sculptures, maquettes, etc). Un tel contexte favorise évidemment de belles retrouvailles (David Didelot, de Vidéotopsie et Thierry et Kévin, d'Artus Films en tête pour notre part) et de non moins belles rencontres (Patrice et Romuald, d'Uncut Movies, des mecs d'une gentillesse exquise, malgré ce que pourrait laisser croire leur catalogue de garçons bouchers).

Mais commençons par le commencement. Et au commencement était… le Gore. Le Gore disséqué, en l’occurrence. Car vous qui suivez notre actualité avec attention n’êtes pas sans savoir qu’était présenté le week-end dernier en avant-première le livre-somme GORE : Dissection d'une collection, que notre ami David Didelot, fondateur et chef d’orchestre du fanzine Vidéotopsie, a consacré à la mythique collection GORE, notre principale influence ! Sachant que ce beau bébé de presque 400 pages passe au crible les 118 bouquins de la série, mais inclut aussi une quinzaine d'interviews d'auteurs (dont les Trashiens Brice Tarvel et Christian Vilà), vous comprendrez notre impatience et notre fébrilité à l’idée de tenir l’objet entre nos mains…

Non ? Alors voilà quelques éléments supplémentaires, à l’attention de ceux qui l’ignoreraient encore : une partie de TRASH a été personnellement impliquée dans le projet. Robert Darvel a en effet réalisé couverture et maquette, et Julien H. et Schweinhund se sont chargés de rédiger quelques chroniques. Ce dernier a même eu le privilège de prendre intégralement en charge le chapitre traitant de la collection MANIAC, un satellite hélas trop éphémère (8 titres parus, TRASH a déjà fait mieux !) de la collection GORE. Et puisque cette belle entreprise reste familiale (qui a dit « association de malfaiteurs ? »), David a aussi intégré ses belles critiques de nos six premiers bouquins (que vous avez pu déguster sur ce blog grâce aux deux articles intitulés « TRASH passé au scalpel » 1 et 2) dans le chapitre « Les enfants de GORE ». Une magnifique consécration pour nous, tout juste un an après nos débuts. Cerise sur le gâteau, ce sensationnel ouvrage est le premier livre édité par Thierry Lopez pour Artus Films !

Tout ceci pour dire que ce fameux livre était attendu par le collectif TRASH comme le messie. D’autant qu’évidemment les porteurs du projet avaient calé sa présentation officielle en fonction du Bloody Week-end. Et force est de constater que le résultat est à la hauteur de nos attentes, ce qui n’est pas peu dire. L’ouvrage est de toute beauté, et d’une densité étourdissante. Vous croyiez tout savoir sur la collection GORE ? Eh bien vous aviez tort, mes bons amis, ainsi que nous pouvons le constater nous-mêmes depuis quatre jours que Dissection d’une collection s’est transformé en livre de chevet. Les heureux souscripteurs ne nous donneront certainement pas tort… D’ailleurs, à l’heure où j’écris ces lignes, nombre d’entre eux ont déjà dû recevoir leur exemplaire, car David a passé l’essentiel de son week-end à les dédicacer, et Thierry sa journée de mardi à préparer les 120 colis et les envoyer. Avis aux retardataires : la bête sera mise en vente sur le site d’Artus Films d’ici dix jours, alors n’hésitez pas à passer commande, vous ne le regretterez pas.

Mais pour en revenir au Bloody Week-end proprement dit, notre seule source de frustration, en tant qu'exposants, a été de ne pas pouvoir pleinement profiter de son programme démentiel. Parce que mine de rien, entre la fatigue due au voyage et aux courtes nuits accumulées, et le stress lié à la tenue du stand, c'est quand même un peu chaud. Notez bien qu’on ne se plaint pas, hein, c'est juste qu’on aimerait bien pouvoir se dédoubler en de telles circonstances. Mais bon, comme on était idéalement placés (entre le Carnoplaste, ce merveilleux éditeur de fascicules à l'ancienne avec lequel TRASH partage tant d'auteurs, et Le Chat Qui Fume, Vidéotopsie et Artus, juste à côté de l'entrée), nous sommes parvenus sans peine à vivre l’évènement intensément. Il y a même eu parfois quelques moments de grâce, comme quand Ruggero Deodato a fait le tour des stands avec sa petite caméra et a filmé celui de TRASH. Hallucinant. Et puisqu'en plus on a réalisé des ventes très honorables (un grand merci à Thierry L. et Kévin B., qui nous ont bien aidés à dépasser notre score de l’an dernier), notre bilan perso s’avère plus que positif.

Enfin, comme il reste en France quelques dealers de DVD plus que recommandables, nous sommes revenus avec un bon paquet de films dans nos bagages. Parce qu’il était évident qu’avec la présence d’Artus Films, Uncut Movies et Le Chat Qui Fume (fine fleur des pourvoyeurs de Bis et triple modèle éditorial pour TRASH), nous nous attendions à flinguer notre budget « Achats » mensuel en deux temps trois mouvements. Ce qui bien entendu n’a pas manqué de se produire. Les gars, nos banquiers ne vous disent pas merci. Nous, si.

Parce qu’en plus on a récupéré quelques scoops au passage. Et comme on n’est pas chiens, on va en partager une poignée avec vous. Alors voilà : Le Chat Qui Fume sortira à la rentrée de nouveaux titres, dans deux collections distinctes. Il y aura tout d'abord l'inauguration de la série « Exploitation Cinema », avec Night train to terror, et The crater lake monster. Et peu de temps après suivront deux nouveaux films de Blaxploitation ! Uncut Movies ne sera pas en reste, avec aussi deux titres très différents l'un de l'autre, qui devraient ravir les amateurs d’ultra-Gore et de bizarreries cradingues. Quant à Artus, ils lanceront une nouvelle sous-collection consacrée au cinéma bis espagnol, avec trois films. Plus un autre DVD « surprise », hors-commerce celui-là, qui viendra accompagner certain projet monstrueux dont nous ne manquerons pas de vous reparler en temps et en heure…

En résumé, le Bloody Week-end, c'est le bien. Nous espérons d’ailleurs avoir l'occasion d'y rencontrer un jour quelques-uns d'entre vous, et le plaisir d’y recroiser les fidèles de l’évènement (La Clef d’Argent, Les Artistes Fous, Poulpy, Ragoût Dévié…). Parce qu'il est bien évident que, sauf catastrophe, TRASH y sera de nouveau présent l'an prochain. Voilà, that’s all, folks. En complément à ce petit article, évidemment dédié à Loïc Bugnon et à l’ensemble du Bloody Staff, n’hésitez pas à aller consulter le superbe compte-rendu de la convention concocté par notre copain Oncle Jack sur son blog Curious Goods, et à vous rendre sur l’excellent forum Ultra Gore, où notre autre pote Sangore évoque aussi l’évènement  - et l’équipe TRASH - en des termes qui font bien plaisir.

 

BLOODY WEEKEND 5