samedi 22 mars 2014

Poison d'avril


Le milicien décapite la femme violée à coups de machette, soulève son corps qu'agitent les derniers spasmes et le superpose à celui de Breuil, qu'il force à la pénétrer. Horrifié, le visage inondé de sang, David sent son érection durcir au contact des muqueuses souillées. L'autre braque sur lui sa propre caméra. - Tu vois, charognard de journaliste, tu es encore pire que nous... 

Sang à la une, meurtres à vocation publicitaire, viols à but lucratif, reportages ignobles, fictions où les acteurs souffrent et succombent réellement: la société du spectacle dans ce qu'elle a de plus infect. Silence, on tue.

(Illustration: DeshumanisArt)




Melchior achève de dénuder Isaiah à l'aide de son couteau. Il considère avec dédain le pénis flasque qui tressaute sur les testicules et détaille le corps à sa merci, terrain de jeu si merveilleusement innervé. Puis il choisit un crochet. Il va débuter en douceur, avec un petit hameçon à barbillons qu'il enfonce dans le muscle trapézoïdal, juste au-dessus de la clavicule gauche saillante comme un guidon de vélo.

Sexe, piercings et rock'n'roll. Chant des aiguilles, tintement des crochets, vrombissement des moteurs et hurlements de douleur. Si on devait mettre en chanson La Ballade de Mel & Rose, ce ne serait pas Bob Dylan qui s'y collerait. Les plus belles histoires d'amour peuvent aussi se vivre sur du Cannibal Corpse.

(Illustration: Willy Favre)




Enchaînées aux piliers, trois femmes nues gémissaient. Leur corps suintait de pus. Leur ventre rond et tendu tremblait comme de la gelée. L'une des infortunées releva la tête et poussa un grand cri. Elle écarta les jambes. Une boule rose et noire, visqueuse et ensanglantée, se fraya un chemin hors de la matrice, griffant de ses pattes les lèvres croûteuses, avant de rouler sur le tas de détritus.

New York, 1982. Des femmes disparaissent, des hommes sont dévorés... Secte de cannibales ou... pire ? La détective Gamble Farley et son collègue Amelin sont chargés de l'affaire. Après avoir fouillé les poubelles et les immondices, ils vont devoir plonger dans la fange des égouts. Sans se douter que les y attend la plus abjecte des surprises...

(Illustration: Vitta Van Der Vulvv)


Bientôt. Très bientôt.