lundi 3 novembre 2014

Et de trois qui font douze (dans ta face, mon copain)


Eh ouais. Déjà. 20 mois qu’on est là, et bientôt 12 romans. Soit six de plus que la collection « Apocalypse », quatre de plus que « Maniac » et trois de plus qu’« Angoisses ». Mine de rien. Alors même si on sait bien que c’est pas un concours, ça fait un petit quelque chose malgré tout. Ceci dit, on n’a pas vraiment de mérite. Nous, on se contente de partager nos affreux joujoux avec vous. Parce que des livres écrits par Brice Tarvel, Christophe Siébert et Philippe Ward, ça ne se refuse pas. Ça s’édite. Point barre.

Brice Tarvel, les fidèles de TRASH le connaissent déjà bien. Ancien du Fleuve Noir, embarqué depuis de façon naturelle sur la Rivière Blanche, désormais continuateur de Bob Morane, l’homme pourrait se targuer d’avoir le pedigree le plus costaud de toute notre joyeuse écurie. Mais il ne le fera pas. Brice n’est pas comme ça. Il préfère continuer à écrire d’excellents livres. S’il est amené à en parler, c’est parce que ses lecteurs lui demandent. Et les lecteurs en question vont être servis dans les mois à venir, car le calendrier de parutions de monsieur Tarvel s’annonce copieux. Un nouveau fascicule chez nos amis du Carnoplaste, un roman Bob Morane, et ce Charogne Tango écrit spécialement pour nous, qui arrive comme une fleur sur un tas de fumier tout juste un an après la réédition de Silence Rouge. Charogne Tango, ou la danse macabre selon Brice Tarvel. Autant dire que vous pouvez vous attendre à quelque chose d’affreux, de sale et méchant. Avec un vieil arrière-goût d'horreur sociale (la pire, celle qui gratte les croûtes du quotidien, celle qui se tapit dans les tripes et les fait pourrir comme des champignons) qui devrait satisfaire les plus gourmets d’entre vous. Mais pas que. Car Brice a plus d’un tour dans son sac, et il aime surprendre son lecteur. Et Charogne Tango est un roman surprenant. Mais ne comptez pas sur nous pour vous dire en quoi. 

Christophe Siébert, aussi connu sous le pseudonyme vaguement collectif de Konsstrukt, présente quant à lui un profil différent. « Prolétaire de la littérature depuis 2007 », le lascar a lui aussi beaucoup écrit, et un de ses livres a fait couler beaucoup d’encre – et de sang – lors de sa première parution. Ce livre, c’était Nuit Noire. Nuit Noire, ou le bouquin le plus violent, le plus malade et le plus extrême de Christophe. Nuit Noire, qui avait été refusé partout jusqu'à ce que Philippe Ward accepte de l'éditer chez Rivière Blanche en octobre 2011. Nuit Noire, qui a failli avoir le prix de Sade en 2012. Et qui ressort chez nous, donc. Alors pourquoi cette réédition ? Eh bien tout simplement parce que nous avons estimé qu'un roman aussi puissant méritait une deuxième vie, et parce qu'il a parfaitement sa place dans notre catalogue. Et parce que cette ressortie va nous permettre de vous présenter un vrai « director's cut ». Car le texte a été amputé de toute l'histoire additionnelle commandée par Rivière Blanche pour satisfaire au calibrage maison. Nous n'avons gardé que le récit principal en trois parties: le nerf, les muscles et les os. Cette version sera par conséquent définitive, car elle est celle voulue par l'auteur. Que nous accueillons donc parmi nous avec une joie non dissimulée. Nuit Noire, après avoir été le 33ème livre de la collection Noire de Rivière Blanche, portera dès le mois de novembre le numéro 11 de la collection TRASH. Qu'on se le dise, Guillaume Lévy et Marc Musso ne sont pas les seuls à voir leurs bouquins ressortir au format poche. 

Et puisque nous évoquions la Rivière Blanche et son éminent directeur de collection, l’enchaînement est tout trouvé. Il est d’ailleurs volontaire. Car comme vous le savez, Philippe Ward intègre le catalogue TRASH, avec un roman intitulé Magie Rouge, qui portera le numéro 12. Juste après le 11 attribué à Nuit Noire. Soit une manière pour nous de rappeler que Philippe avait été le premier à donner sa chance au terrible roman de Christophe chez Rivière Blanche. LE Philippe Ward, donc, directeur de collection, découvreur de talents, mémoire vivante de la littérature populaire, mais aussi grand amateur de Gore et… auteur polyvalent et multirécidiviste. C'est pourquoi, quand il nous a proposé l’an dernier de lire un inédit de son cru, écrit il y a 25 ans et destiné à la mythique collection du Fleuve Noir, nous n'avons pas hésité une seconde. Et nous n’avons pas mis longtemps à réaliser que ce délice rural « old-school » plein de stupre et de sortilèges était littéralement taillé à nos mesures. Pour toutes ces raisons, nous sommes très heureux et très fiers de dérouler le tapis rouge à quelqu'un qui, plus qu'un éditeur, plus qu'un auteur, fait figure de véritable modèle pour nous. Vous connaissiez la magie noire et la magie blanche: voici la Magie rouge selon Philippe Ward. Accrochez-vous, ça risque de piquer un peu. Mais c’est ça qui est bon.

Février 2013. Une équipe d’inconnus débarque comme un chien dans un jeu de quilles avec un concept de romans courts qui tachent. Novembre 2014. La même équipe compte douze bouquins à son catalogue. Décidément, on a de la chance. Beaucoup de chance. Mais faut pas croire : on a beau faire les malins, on en est conscients.

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