lundi 10 juin 2013

Frères de sang

Comme certains d’entre vous le savent, la troisième convention de SFFF organisée par  l’association ImaJn’ère s’est tenue ce week-end à Angers. Cet événement avait pour le collectif Trash une importance toute particulière. L’ensemble de notre équipe avait été conviée, et c’était pour nous la première occasion de pouvoir présenter nos livres au public, mais aussi à certains invités pas tout à fait comme les autres. Grâce à d’obscures tractations, nous avions en effet réussi à réunir pour la circonstance trois auteurs sans lesquels notre collection n’aurait sans doute jamais vu le jour…

Necrorian. Christian Vilà. Brice Tarvel. Neuf romans Gore à eux trois. Blood-sex. La mort noire. La chair sous les ongles. Des styles différents, mais une même volonté de braver les interdits, de raconter sans fausse pudeur des histoires qui prennent aux tripes, dans tous les sens du terme… Autant de références avouées et revendiquées par les membres de notre fine équipe. Autant de témoignages d’une époque où la littérature populaire poussait sans vergogne les mauvais genres dans leurs ultimes retranchements. Autant de raisons pour nous de vouloir recréer cet espace d’absolue liberté qui avait disparu depuis trop longtemps.

C’est donc avec une impatience mêlée d’une certaine appréhension que nous attendions le moment où ces trois écrivains allaient découvrir ce que nous avions fait de leur héritage. Et le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons pas été déçus de leur verdict ! Tous trois ont considéré notre démarche avec bienveillance et enthousiasme, et le lien ainsi créé nous a permis par la suite d’engager de passionnantes conversations. Après un échange de dédicaces où nous avons eu le plaisir d’offrir à nos mentors les trois premiers livres de notre collection, une cession de photos de groupe a été organisée pour immortaliser l’instant.

De gauche à droite en haut: Christian Vilà, Nécrorian, Brice Tarvel.
En bas: Arro, Schweinhund, Willy Favre, Julien Heylbroeck et Robert Darvel.
Vitta Van Der Vuulv s'est faite porter pâle.

Cerise sur ce gâteau sanglant, les invités se sont retrouvés samedi soir après la fermeture des portes autour d’un copieux repas. « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, prenez et mangez et buvez-en tous ! » Inutile de dire que la grande tablée Gore-Trash naturellement constituée ne s’est pas fait prier. J’ai personnellement eu l’honneur de siéger en face de Monsieur et Madame Nécrorian, et puis affirmer dès à présent que je n’oublierai jamais ces précieux moments. Accessible, chaleureux, sincère et généreux sont les mots qui me viennent à l’esprit pour décrire ce couple hors du commun. Et ces adjectifs qualifient également Monsieur et Madame Tarvel, dont nous connaissions déjà l’exquise gentillesse, et le très sympathique Christian Vilà, dont nous avons eu la chance de recueillir une interview un peu plus tard.

Messieurs Nécrorian, Vilà et Tarvel, merci de nous avoir offert en ce week-end privilégié votre amical « parrainage ». Merci pour votre humour, votre simplicité et votre disponibilité. Merci aussi, non seulement d’assumer avec gourmandise votre période Gore mais, mieux encore, de nous avoir dit tout le plaisir que vous avez éprouvé en écrivant ces livres. Merci enfin de ne jamais nous avoir fait sentir la différence entre nous et vous, même si quelques centaines de romans nous séparent.


Il semble d’ailleurs que ces trois « grands anciens » n’aient pas été seuls à être sensibles à la collection Trash, si j’en juge par les réactions recueillies – et les livres vendus - durant le week-end. Philippe Ward, Patrick Eris, Thomas Geha, Laurent Whale, Jean-Luc Boutel et Jérôme Verschueren sont tous repartis avec nos trois romans dans leur valise. Le collectif Trash saura se souvenir de ces témoignages de soutien. Un gouffre de vingt-cinq ans existait entre Gore et Trash. L’un de nos buts était de construire un pont entre le passé et le présent pour mieux se projeter vers l’avenir. Il est trop tôt pour dire si nous avons réussi, mais une chose est d’ores et déjà certaine : depuis ce week-end, la possibilité existe. 

Et rien que pour cela, nous sommes heureux de nous être lancés dans cette aventure.